Il y a quelques mois, le ministère américain de la Justice publiait plus de 3,5 millions de documents déclassifiés liés à l'affaire Jeffrey Epstein. Un déferlement d’emails, de relevés bancaires, de carnets de vol, de photos - la matière brute d'un des scandales les plus tentaculaires de ces dernières décennies. Depuis, plusieurs projets mobilisant des formes de design éditorial émergent pour tenter d'en rendre compte. Leur diversité illustre les enjeux du design éditorial.
Ce qui distingue ces projets, ce n'est pas la qualité des données traitées - elles sont les mêmes pour tout le monde. C'est la forme choisie pour les mettre en circulation. Et cette forme n'est jamais neutre : elle décide si l'information reste un flux - quelque chose que l'on traverse sans vraiment s’en saisir - ou si elle devient quelque chose d'appropriable, c'est-à-dire une information qu'un lecteur peut intégrer, comprendre, et faire sienne. C'est exactement ce que le modèle DIKW (Data, Information, Knowledge, Wisdom) formalise depuis des décennies dans les sciences de l'information : la donnée ne devient connaissance qu'au prix d'une médiation. C’est ici le rôle du design éditorial.
Les trois projets que j'examine ici illustrent trois niveaux de cette médiation - et trois apports complémentaires du rôle du design aux médias.
Une boîte mail, un appartement en 3D, un graphe de réseau : trois façons de raconter l'affaire Epstein
3,5 millions de documents déclassifiés. La forme choisie pour les mettre en circulation décide si l'information reste un flux ou devient appropriable. Trois projets sur l'affaire Epstein en font la démonstration.
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